Fidelys RAHARIMANDIMBY Président du Conseil d’Administration de l’Office Régional du Tourisme de Toamasina (ORTT)

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Fidelys RAHARIMANDIMBY Président du Conseil d’Administration de l’Office Régional du Tourisme de Toamasina (ORTT)

Monsieur le Président, quelles sont les actions que vous avez menées depuis votre arrivée à l’Office Régional du Tourisme de Toamasina ?

Merci d’avoir posé cette question. A mon arrivée, la priorité de l’Office Régional du Tourisme de Toamasina (ORTT) était d’expliquer aux opérateurs touristiques de la région les véritables rôles d’un Office du Tourisme. L’une des premières actions que nous avons entreprises est ainsi la sensibilisation à l’adhérence à l’Office en évoquant les avantages d’y être membre.

L’ORTT s’est impliqué, dans la mesure du possible, au développement touristique de la région Est. Afin de parfaire les offres en matière d’information, que ce soit au niveau régional ou national, l’ORTT a soutenu des éductours dans plusieurs régions, dans le but de renforcer la connaissance de terrains de nos guides et de nos Tours Opérateurs. Suite à ces descentes, les T.O locaux ont pu développer leurs offres et leurs connaissances des principaux sites touristiques de la région tels que Toamasina II, Masoala, les différentes
réserves communautaires forestières, le canal des Pangalanes du nord, le fort de Farafaty, le lac rituel de Tahamasigny… ont été considérablement enrichies. En outre, nos guides n’attendent pas seulement l’arrivée de paquebots. Actuellement, bon nombre d’entre eux ont signé des contrats avec les T.O d’Antananarivo afin de travailler sur des offres «tout Madagascar» et ce grâce aux éductours nationaux financés par l’ORTT. Au niveau de l’accueil de paquebots, nos opérateurs présentant localement leurs offres touristiques aux
«opens» confirment que l’organisation de l’Office s’est nettement améliorée de saison en saison.

En général, les activités de l’Office s’effectuent avec le personnel de la direction régionale du tourisme afin qu’ils puissent également soutenir les opérateurs en plus des appuis techniques aux dossiers d’ouvertures et les réglementations. Nous nous efforçons de nous rapprocher encore plus des opérateurs pour améliorer nos collaborations. Nous avons responsabilisé les opérateurs à participer à l’élaboration d’un Plan de Travail Annuel (PTA) afin que les actions entreprises par l’office correspondent à leurs besoins réels.

Je suis très persuadé que si l’on exploite à bon escient les atouts de la région, Toamasina ne serait plus une ville de passage. Et nous allons tout mettre en oeuvre afin d’y parvenir.

Quelles sont les principales richesses touristiques de votre région et sont elles réellement mises en avant afin de parfaire les offres ?

Toamasina est la côte la plus proche de la capitale avec un trajet d’environ 7 à 8 heures par la Route Nationale 2. La région est ponctuée de plusieurs sites balnéaires. 5 sur 9 districts de la région disposent de côtes et lacs accessibles pendant toute l’année. Le grand port international, des sites classés patrimoines historiques, culturels et cultuels, des réserves
forestières communautaires, des produits artisanaux… sont autant de points positifs. Tout cela marié avec l’accueil chaleureux de la population.

A l’instar du canal des Pangalanes, la région dispose de forêts naturelles à forte endémicité comme le site forestier d’Analabe (Toamasina II), Analalava (Foulpointe), Vohibola…

Le patrimoine historique qui retrace le riche passé de la royauté «betsimisaraka» est incontournable : anciens ports des traites des esclaves, vestiges coloniaux et architecturales, plusieurs fortifications visibles presque dans toute la région (fort d’Ambataria, fort Manda, fort de Rainandriamampandry à Farafaty…), le bassin sacré d’Andobon’ny Tahamasigny, différents monuments commémoratifs, le fameux phare de l’ile aux prunes et ses atouts balnéaires protégés par des barrières coralliennes…

Actuellement, l’ORTT incite les visiteurs à s’imprégner du mode de vie traditionnelle «betsimisaraka» et à découvrir leur quotidien. Cela nous permettrait de développer le concept de tourisme durable et responsable et ainsi promouvoir davantage la côte Est.

Quels sont les produits touristiques liés au respect de l’environnement et l’appui au développement social, dans une démarche de Tourisme Durable tel que vous le prônez ?

Les premiers sites attitrés à ce projet que nous avons classés, à moyen terme, sont le site de Vohibola et le village d’Andranokoditra, la forêt Analabe et le village de Vohitrambato, la forêt d’Analalava et 5 « Fokontany » de la commune rurale de Foulpointe.

« Promouvoir la côte Est », en quoi consiste concrètement ce projet ?

Promouvoir la côte Est, pour l’ORTT, c’est véhiculer une information positive à l’égard de toute la région. Faire en sorte, en premier lieu, que le climat humide ne soit plus un frein aux visites de la côte Est. Ensuite, recenser les différentes offres proposées par les opérateurs locaux et en établir un véritable tableau de bord. Faire comprendre par diverses
manières que la région Toamasina est une ville touristique mais pas seulement une ville économique et portuaire. Nous avons ainsi adapté toutes nos offres à ces points focaux et sommes convaincus d’un résultat positif.

La ville de Toamasina est connue comme capitale économique de la grande-île. Cette dénomination fait-elle de l’ombre à son potentiel touristique ?

Il est vrai que Toamasina est plus connu sous le nom de capitale économique et sert souvent de ville d’étape à tous les opérateurs de ce secteur. Mais grâce à tous les efforts que l’Office et les opérateurs touristiques ont entrepris ensemble, bon nombre d’acteurs touristiques bénéficient de retombées corollaires si je ne cite que les hôteliers par l’hébergement et les vignettes touristiques perçus et les restaurateurs. Pour la découverte de la destination proprement dite, nos descentes terrains régulières nous ont servi à adapter les offres selon le besoin et le timing des visiteurs.

Quels sont les objectifs que l’ORTT s’est fixés pour assurer pleinement le développement du tourisme de la région Est ?

Nous avons établi des priorités. Maximiser la connaissance des offres disponibles dans la région et en assurer la promotion par des approches promotionnelles. Mettre à jour et améliorer les bases de données touristiques disponibles à l’Office, sensibiliser les opérateurs à faire confiance au secteur mais surtout optimiser la qualité des services en recadrant régulièrement les acteurs. Développer les offres d’année en année afin de justifier que la région Atsinanana n’est pas seulement une ville économique mais une véritable destination touristique à part entière.