Joël RANDRIAMANDRANTO, nouveau ministre des transports, du tourisme et de la météorologie

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Joël RANDRIAMANDRANTO
Joël RANDRIAMANDRANTO

Acteur incontournable du tourisme malgache depuis plus de 20 ans, la nomination de Joël RANDRIAMANDRANTO au poste de Ministre du Tourisme de Madagascar a été accueillie très chaleureusement par les professionnels du secteur. Cheville ouvrière de plusieurs groupements professionnels (Go To Madagascar, Association des Tours Opérateurs professionnels, Fédération des Hôteliers et Restaurateurs de Madagascar…), Joël RANDRIAMANDRANTO a fondé l’association AGMHCM (Association des Gîtes, des Maisons d’Hôtes et de Charme de Madagascar). Il a accompli trois mandats remarqués à la tête de l’Office National du Tourisme de Madagascar entre 2010 et 2018.

Monsieur le Ministre, quelle place devrait occuper le secteur tourisme dans l’économie du pays ?

Le tourisme est l’un des piliers de l’économie du pays avec une part de 7% de son PIB. Nul n’ignore que ce secteur est l’un des plus grands générateurs de devises du pays. Au titre de l’année 2018, nous avons vu ainsi entrer plus de 520 millions d’US dollars. Il doit aussi être évoqué les emplois directs générés par le secteur. Ces dernières années, on a pu comptabiliser plus de 44.000 emplois. Le nombre d’emplois indirects (agriculture, artisanat, transports, services divers…) générés par le tourisme est considérable à l’échelle du pays. Ces chiffres sont évidemment loin de refléter le potentiel réel de la “destination Madagascar” dont le manque d’infrastructures et, autre exemple, de budget de promotion est latent depuis des années. D’autres facteurs de blocage comme l’insécurité, les épidémies ou les cyclones limitent nos performances.

Doit-on attendre, sous votre ministère, une nouvelle impulsion accordée au tourisme malgache ?

Je tiens effectivement à souligner qu’aujourd’hui nous sommes à la porte de l’avènement de ce secteur. Cela est confirmé par la Politique Générale de l’État qui prévoit de porter une attention particulière à l’industrie touristique, compte-tenu de son potentiel de croissance rapide et des effets immédiats attendus en termes de rentrées de devises, ainsi que des impacts tangibles au niveau des populations et de l’ensemble du territoire. La diversification de l’offre touristique par le biais d’investissements nationaux et internationaux dans toutes les régions de Madagascar constitue les maillons pour espérer franchir le cap de 500.000 touristes internationaux sous 5 ans.

Notre vision est de propulser Madagascar au rang de destination touristique incontournable et mondialement reconnue à travers des actions pragmatiques et du développement du Partenariat Public-Privé. J’aimerais souligner que nos priorités sont : la bonne gouvernance, la diversification de l’offre touristique, l’ouverture du ciel, la mise en place de nouvelles infrastructures touristiques, la qualité des services et la formalisation des activités dans le cadre de la lutte contre l’informel.

En ce qui concerne l’ « Open Sky», quelle est votre position ?

Je vous réponds sans ambiguïté : l’ « Open Sky » est bénéfique pour le secteur tourisme. Effectivement, l’ouverture du ciel entraine forcément une plus grande intégration de Madagascar au monde. En même temps, sous l’effet de la concurrence, cela permettra d’offrir des prix concurrentiels sur le marché du tourisme pour la « Destination Madagascar». Notre objectif étant d’attirer d’autres touristes potentiels de pays non exploités jusqu’à ce jour. Actuellement, l’immense majorité des touristes qui visitent notre pays et issue des pays desservis par les quelques compagnies qui travaillent à Madagascar. En multipliant les destinations émettrices nous ne pouvons qu’augmenter le nombre de touristes.

Propos recueillis par Richard BOHAN